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Cuba: El Periodo Especial

Le 9 novembre 1989, le Mur de Berlin s'effondre emportant avec lui tout le bloc de l'Est. Soutenue par l'URSS, Cuba tremble. La plus grande île des Caraïbes perd en quelques mois 40% du PIB, elle ne sait plus vendre son sucre á prix fort et ne sait plus acheter de l'essence á bas coup. L'économie cubaine s'écroule. Les étals des magasins sont vides, la bicyclette devient la reine du transport, les bus sont bondés, la prostitution renait, les petits boulots refont surface...

De 1990 á 1993, Cuba vivra une transition qui la mènera de l'opulence á la dure réalité de la pauvreté; augmentée de ce blocus américain qui l'étrangle. Pour garder son modèle social qui apporte la paix, la force et la cohésion, le gouvernement décide de prendre des mesures sur une période qu'il espère courte. Elle se prénomme: "El Periodo Especial".

A cette époque, Cuba était confrontée á une nouvelle charnière de son existence, de son évolution. Dans la sphère politique de la planète, l'effondrement du bloc de l'Est soulevait beaucoup de questions. Et notamment pour l'île: avait-elle les ressources nécessaires pour un développement durable sans l'apport d'une aide externe? Le régime castriste allait-il se durcir? Ou bien lui aussi allait-il suivre le destin de ses anciens partenaires? Devant l'appauvrissement et les pertes du bénéfice de la révolution, comment le peuple allait-il réagir?

Inutile de remonter trop loin dans l'histoire pour trouver une réponse. En 1959, Cuba était sortie de sa torpeur, de son statut de pays de seconde zone, une sorte d'esclavagisme des temps modernes oú les barrières de la liberté étaient dirigées de l'extérieur et celles de l'émancipation agitées comme une carotte devant l'âne. Libre, comment allait réagir le peuple face au retour de la menace; de ne plus être soi-même, de payer les fruits de son combat au prix fort? En 1959, pour y arriver, l'alliance avec l'URSS était indispensable, si pas obligatoire. En 1990, le grand frère était parti, abandonnant á son sort les quelques millions d'habitants.

La trompette qui étouffe la haine

Il y avait un modèle social évident, des sportifs qui faisaient la fierté du pays, mais c'était sans compter sur la culture. Cette culture cubaine, riche et reconnue mondialement. Elle a été - et est encore - le ciment qui unit le peuple et lui a permis de ne pas tomber dans une guerre civile ravageuse. Que ce soit par ses peintres, ses musiciens, ses danseurs, ses sculpteurs, ses écrivains... Tout Cubain se nourrissait de sa culture. Fruit de la révolution, le citoyen est lettré et cultivé. Sa force est puisée dans ses livres, ses chants... La production culturelle a largement influencé la région des Caraïbes, comme du continent latino-américain et même bien au-delá. La culture a fortifié le pays.

En 1990, les étals des magasins étaient vides, les paysans ne pouvaient pas nourrir le peuple, la "libreta" devait y mettre de l'ordre, les queues pour remplir son cabas s'allongeaient. Bloquant les carrefours, les belles voitures américaines des années 50 tombaient en panne d'essence, les vélos, les bus et les charrues reprenaient le contrôle des rues... La débrouille fatiguait chacun; il remplaçait le travail devenu inexistant... Mais entre deux prières á leurs saints Yoruba, le citoyen s'échappait vers sa culture. Les artistes insufflaient á travers leurs æuvres et leurs discours la force de continuer cette lutte vers la liberté et l'indépendance. Nombreux sont les pays dont le peuple s'unit autour de la bannière comme fierté nationale. A Cuba, au plus fort de la crise, c'était autour des arts que cette unification vivait avec énergie et détermination. J'en ai été témoin.

Reportage réalisé en 1992.

Cuba: El Periodo Especial

November 9, 1989, the Berlin wall fell and the est along with it. Supposrted by the URSS, Cuba trembles. In a few months the largest island of the Caribbean loses 40% of their Gross Domestic Product, she doesn't know how to sell sugar at a high price nor how to buy gas at low prices.
The cuban economy fell. Store shelves are empty, bycicles are now the kings of the streets, prostitution is reborn and odd jobs reappear...

From 1990 to 1993, Cuba went trough a transition that took it from riches to the hars reality of poverty; even more so with the chocking embargo imposed by the US.
In order to keep it's special model that brings peace, strength and cohesion, the government decided to act of a few mesures on a period that it hopes will be short. They call it: El Periodo Especial.

At that time, Cuba was facing a new hinge of its existence, its evolution. In the political sphere of the world, the collapse of the East raised many questions.
And especially for the island: Did she have the resources for sustainable development without the provision of external assistance? Will the Castro regime going to harden? Or would it follow the same fate as it's former partner? Facing poverty and the fading bene ts of the revolution, how would the people react?

No need to go back too far in history to nd an answer. In 1959, Cuba was out of it's lethargy, of it's status as second- class, a kind of slavery of modern times where barriers to freedom were directed from outside and those of emancipation agitated like a carrot in front the donkey.
Free, how would react the people against the return of the threat; not to be oneself, to pay the rewards of their ght at full price? In 1959, to get there, the alliance with the Soviet Union was essential, if not mandatory. In 1990, big brother was gone, leaving a few millions to an uncertain fate.

The Trumpet that choked hatred

There was a clear social model, sports that were the pride, but it was not counting on Cuban culture, rich and recognized worldwide. It was - and still is - the glue that binds the people and allowed them to avoid falling into a devastating civil war. Whether through its painters, musicians, dancers, sculptors, writers ... All cubans were sustained by their own culture. Fruit of the Revolution, citizens are literate and cultured. The culture's strength is drawn from books, songs ... Cultural production has greatly in uenced the Caribbean region, the Latin American continent and even beyond. Culture forti ed the country.

In 1990, the shops had empty stalls, farmers could not feed the people, the "libreta" (rationing) was supposed to bring order, but the lines of baskets stretched every day. The beautiful American cars of the 50's broke down and blocked the streers. Bicycles, buses and plows regained control of the streets... Work didn't exist, it was replaced by the "Do your own thing" that was getting tiresome.
But between two prayers to their Yoruba saints, citizens found escape in their culture. Artists through their works and speeches put forth the strength to continue this ght for freedom and independence.
In many countries people are united behind these banners as national pride. In Cuba, at the height of the crisis, it was around the arts that this uni cation was living with energy and determination. I have witnessed.

Reportage made in 1992.

   Jean-Marc ''MM'' De Coninck - Les photographies sont soumises au droit d'auteur. Gestionnaire: SOFAM