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La parade des éléphants (The Kandy Perahera)

Située au nord du Sri Lanka, la ville de Kandy était la dernière capitale du royaume médiéval. Elle est tombée en 1815 aux mains des Anglais. Aujourd'hui, Kandy est la deuxième plus grande ville de l'île. En 1988, elle a été classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Chaque année, pendant les 10 nuits de la pleine lune du mois appelé l'Esala (juillet-aout), se déroule la plus grande procession bouddhiste d'Asie. C'est la Esala Perahera de Kandy. La Esala consiste à faire tourner autour de la ville la relique de la Dent de Bouddha afin d'éloigner les forces planétaires du mal, empêcher toute calamité de s'abattre sur le royaume et d'assurer la pluie.

La Perahera moderne remonte au règne du roi Kandyan Kirthi Sri Rajasinghe (1747-1781). Il est du devoir du Diyawadana Nilame (gardien laïque du Temple de Maligawa) d'organiser la Perahera et de confier aux fonctionnaires leurs devoirs cérémoniels. La période est calculée par le Nekath Mohottala, le conseiller astrologique du roi.

La tradition de la procession

La procession est une combinaison de cinq Peraheras distincts provenant de cinq devales (temples):

  1. Natha,
  2. Maha,
  3. Kataragama,
  4. Pattini et
  5. Sri Dalada Maligawa.
Il se dit que les divinités des quatre premiers temples sont les protecteurs de la relique dentaire. La divinité du Natha Devale est Avalokitesvara (un Boddhisattva). La divinité du Maha Devale est le dieu hindou Vishnu. La divinité du Kataragama Devale est le dieu hindou Skanda, le fils de dieu Shiva. La divinité du Pattini Devale est la déesse féminine Pattini. La procession les unit.

Les 4 grands moments de la Perahera sont annoncés par le tir de boulets de canon.
  • Le commencement du Devale Peraheras,
  • Le placement du cercueil de la Relique de la Dent sur le dos de l'éléphant,
  • Le début de la Dalada Perahera,
  • L'achèvement de la Perahera.

Alors que la Perahera se déroule la nuit, dès le début de l'après-midi, les rues qu'emprunte le cortège se remplissent par des familles qui s'entassent derrière les barrières. Les rues se ferment petit à petit à la circulation. Conjointement, l'excitation de la foule grandit au fur et à mesure que le soleil cède sa place à la lune.
Il fait maintenant nuit. L'astre éclaire les visages, la ville se fige. L'ambiance reste calme en bon enfant. D'un coup, le son des tambours résonne, annonçant le départ du cortège. Les spectateurs, impatients, se serrent les uns contre les autres, se poussant pour tenter d'apercevoir les premiers participants. Il n'y a plus de place. Ce monde qui attendait patiemment depuis plusieurs heures trépigne maintenant d'impatience pour contempler enfin les danseurs, les musiciens et les éléphants accompagnant la relique dans ses tours de la ville.

La relique est supposée être la dent de Siddhartha Gautama, qui a atteint le nirvana et qui a été désigné comme le Bouddha. La légende raconte que la Dent a été retirée du bûcher funéraire. La Dent serait arrivée au Sri Lanka au IVe siècle de notre ère. Elle aurait été conservée à Anuradhapura, la première capitale de l'île.
Lorsque les Portugais arrivèrent au Sri Lanka, la Relique a été cachée. Ce n'est qu'après la défaite des Portugais et l'établissement du royaume de Kandy en 1592 que la relique fut ressortie de sa cache. On dit que le roi Vimaladharmasuriya I, l'avait apporté avec lui et avait fait construire le premier temple de la Dent comme sanctuaire et lieu de garde. Un temple à deux étages fût construit à proximité du palais royal. Par la suite, les rois qui suivirent baptisèrent entre 1707 et 1782 le TempIe de la Dent tel qu'il et actuellement.

Je me retrouvais coincé derrière les barrières, noyé dans une foule compacte, dense, de tout âge et excité par l'évènement qui se passait durant la nuit noire. Seuls les lueurs incandescentes des flambeaux des jongleurs et les habits de lumière des éléphants crevaient l'obscurité.
La cohue rendait la prise de vue dans une quasi-impossibilité. Celle de bouger, d'apporter cette indispensable liberté de mouvement qui permet de s'approcher à bonne distance des participants. Le service de sécurité était impitoyable.
Pendant plusieurs heures, les différentes troupes passaient et repassaient dans une frénésie sans limites. Assourdis par les roulements des percussions, poussés par la foule, les danseurs ne quittaient pas la transe qui les habitait. A chaque passage de la Dent, le public se levait pour l'invoquer et se rassoir pour continuer à regarder défiler ceux qu'ils avaient vus auparavant. Les heures s'égrenaient, les enfants s'endormaient. Le spectacle était parfait, scintillant, mais redondant pour celui qui n'avait pas la foi.
Techniquement, j'avais peu de possibilités. Muni de mon unique Leica M6 chargé de HP5 exposée à 3200 ASA et d'un 35 mm pour tenter de réaliser des clichés qui sortent de l'ordinaire. Il suffit de taper "Perahera Kandy" sur internet pour voir les mêmes images composées de danseurs et d'éléphants aux habits scintillants. C'est très beau à voir. Mais, je voulais autre chose.
Coincé sur place, avec de telles conditions de lumière et limité par le matériel, comment montrer cette effervescence populaire qui entoure la procession? C'était ce sentiment que je voulais capturer. Pour y arriver, il était impératif de m'approcher au plus prêt. Sans accréditation, le mot impossible prenait tout son sens. Même les invités de marque comme les prêtres bouddhistes et les dignitaires étrangers devaient rester assis dans la tribune qui leur avait été assignée. Ils ne pouvaient pas passer les barrières. Nous étions tous condamnés à rester figés à notre place sans possibilité d'avancer ou de faire un pas sur le côté. Chaque spectateur acceptait de bouger pour laisser passer celui qui désirait quitter les lieux, motivé par l'espoir de bénéficier d'une meilleure vue.

J'avais lu que "la cérémonie de clôture est une procession célébrée par une série de cérémonies coutumières se déroulant dans l'après-midi du dernier jour de la Perahera. La procession tourne 3 fois autour de la ville. Les danseurs rejoignent ensuite leur temple respectif. Le Noble et les religieux partent ensuite vers le gouverneur pour lui remettre symboliquement la Relique, ce qui conclut le Kandy Esala Perahera ".

C'était le moment recherché, j'avais la lumière, les rues étaient moins remplies, le service d'ordre moins vigilant, car fatigué, les membres des différentes troupes étaient eux aussi éreintés par 10 nuits de représentation. Aussi, ces derniers tours de la ville durant la journée étaient les moins photographiés, car n'étant pas emblématiques. Il n'en demeure pas moins que ces ultimes moments font partie intégrante de la Perahera de Kandy. Et je pouvais enfin y participer en photographiant ses corps fatigués, ses visages tirés, sans oublier les éléphants harassés d'avoir tourné sans relâche à trainer leurs pattes sur le bitume. Approcher ses acteurs, fiers d'avoir accompli cette longue procession avec dévotion, sachant qu'ils devront attendre une année entière pour revivre ces moments de culte, d'adoration et de vénération que leur offre la plus grande parade bouddhiste d'Asie.

The elephants parade (The Kandy Perahera)

Kandy, in Sri Lanka, was the last capital of the medieval kingdom that fell to the British in 1815. Currently, it is the second largest city in the island and was declared a World Heritage site by UNESCO in 1988. Each year during 10 nights in July-August, also known as the month of Esala, happens Asia's greatest buddhist procession named the Kandy Perahera. It was believed that taking the relic around the city would ward off the evil planetary forces, prevent any calamities be falling the kingdom, and ensure rain.

The modern perahera dates back to the reign of the Kandyan King Kirthi Sri Rajasinghe (1747-1781). It is the duty of the Diyawadana Nilame (lay custodian of the Maligawa Temple) to organize the perahera and en trust officials with their ceremonial duties. The auspicious time is obtained from the Nekath Mohottala, the advisor on astrological matters.

Procession Traditions

The procession is a combination of five separate peraheras from five separate devales/temples:

  1. Natha,
  2. Maha,
  3. Kataragama,
  4. Pattini and
  5. Sri Dalada Maligawa.

The divinities of the first four temples are said to be the protectors of the Tooth Relic. The divinity of the Natha Devale is Avalokitesvara (a Boddhisattva). The divinity of the Maha Devale is the Hindu god Vishnu. The divinity of the Kataragama Devale is the Hindu god Skanda, the Son of God Shiva. The divinity of the Pattini Devale is the female goddess Pattini. These processions join with the even grander Sri Dalada Maligawa perahera.

The following important times are announced by the firing of cannon balls, which can be heard all across Kandy.

  • The commencement of the Devale Peraheras
  • The placing of the Tooth Relic casket on the tusker's back
  • The commencement of the Dalada Perahera
  • The completion of the Perahera

Although the Perahera happens during the night, from 2 AM on, the streets followed by the procession are crowded with families packed behind barriers. Little by little the streets are closed to the traffic and at the same moment, as the Sun descents, the crowd becomes more and more excited. It's dark now and only the Moon lightens the faces. The town is paralyzed. Suddenly drums are announcing the start of the long expected parade. The spectators are impatient, pushing each other, trying to have a glimpse of the first participants. There is no space left. The crowd, who was waiting patiently till now, stamp's one feet hoping to see the dancers; musicians and elephants accompanying the relic around the town.

The relic it self is assumed to be the tooth of Siddhartha Gautama, who attained nirvana and was referred to as the Buddha thereafter, and it is said to have been taken from the flames of his funeral pyre. The tooth is believed to have arrived in Sri Lanka from Kalinga country in the 4th century AD, and initially kept at Anuradhapura, the first capital. It later moved to different kingdoms based on the king.

When the Portuguese arrived in Sri Lanka, the Tooth Relic was said to have been hidden, and it was only after the defeat of the Portuguese and the establishment of the Kandy an kingdom in 1592 that the relic resurfaced. It is said that King Vimaladharmasuriya I, on establishing the city of Kandy, had the Tooth Relic brought to Kandy. He had a two story temple built in close proximity to the royal palace. Thereafter, the Sri Dalada Maligawa or TempIe of the Tooth Relic we constructed in 1687 to 1707 and 1747 to 1782 by various kings.
I was stucked behind the barriers, lost among the compact crowd of all ages excited by the event. Only the torches used by the jugglers and the lights carried by the elephants pierced the darkness. Under these circumstances shots were nearly impossible. I could merely move or approach the participants. The police was merciless. During several hours, different groups were in a frenzy. Deafened by the ongoing sound of the drums and encouraged by the crowd. Each time the Dent passed by, the crowd raised involving a new passage of those they had already seen. Hours passed and children fell asleep. The spectacle was perfect and sparkling, but redundant to those without faith.

Technically I hadn't many possibilities as I was equiped with my sole Leica M6 charged with HP5 souped up at 3200 ASA and a 35 mm to try realising pictures worth to be seen.
If you want to see the same kind of photos composed by sparkling dancers and elephants, please introduce "Perehera Kandy" on Internet. It's beautiful to look at.
But I wanted something else. How could I render this general excitement jammed as I was among the crowd, and on top of that having limited light and equipment? But this was the sentiment I wanted to capture. Approaching as close as possible was imperative. Without accreditation the word impossible took his full meaning. Even special guests such as Bouddist priests and foreign dignitaries were obliged to stay in their stand. Nobody was autorized to move and we were condamned to stay fixedly. Nevertheless, motivated by the hope having a better view on the procession, each spectator accepted to step asside when one of them was willing to leave the spot I red that "The ceremony over, the procession returns to the Ganadevi Kovila for the performance of a series of customary ceremonies. Proceeding from the Ganadevi Kovila, the devale peraheras join the Dalada Maligawa perahera returning from the Adhana Maluwa in the afternoon. This, the Day Perahera, proceeds thrice round the temple square. The devale peraheras return to their respective devales towards the evening, and the Maligawa perahera to the Maligawa. This concludes the Kandy Esala Perahera".

That was the long expected moment to me. I had the light; the streets were less crowded; the police less vigilant; the members of the groups exhausted by 10 nights of performance. On top of that, those last presentations being un-emblematic had been less photographed. Nevertheless those ultimate moments are undoubtedly part of the Perahera of Kandy and I was finally participating by photographing these tiered bodies and faces as well as the exhausted elephants.
It was a fine feeling approaching these actors being proud for having accomplished, with devotion, this long procession and aware of the fact that they will have to wait for one more year before having the opportunity to revive these unforgettable moments of adoration and veneration offered by the greatest Buddhist parade in Asia.

   Jean-Marc ''MM'' De Coninck - Les photographies sont soumises au droit d'auteur. Gestionnaire: SOFAM